Reflets sur images…

 

 

Colombey-les-Deux-Eglises - 12/10/2009
Mémorial Charles De Gaulle

 

Témoignage

En ce jour d’octobre, la lumière rayonne sur Colombey-les-Deux-Eglises, le soleil amorce déjà son sommeil quand il dépose, l’espace d’un court instant, l’ombre d’un drapeau sur le Mémorial Charles De Gaulle. Le point de vue panoramique qui s’ouvre sur la campagne reste magnifique. L’artiste sait déjà quel témoignage il vient de laisser en ce lieu d’Histoire. Je m’aperçois l’espace d’un instant que je suis privilégié de pouvoir toucher du regard ces « images », privilégié dans le fait de pouvoir les affronter en toute humilité et de me murmurer quelques mots en toute quiétude… le silence devient vite le seul bruit audible dans ce volume aux deux accès diagonaux. Je viens de maîtriser pas à pas, sans le savoir, une parfaite diagonale durant laquelle mon regard s’est géométriquement posé sur l’ensemble. On n’en ressort, je pense, pas forcément le même. J’y suis entré à nouveau, avec une certaine appréhension, de ce que j’allais redécouvrir, pour y poser quelques clichés sur l’effroyable. Je me suis humblement contenté de figer quelques reflets passagers… en me disant que j’avais vu, tout au long de ces années, une partie de ce travail se bâtir sans pouvoir peut-être en connaître, un jour, l’aboutissement. C’est aujourd’hui chose faite.

Ce visage est beauté… Paradoxe dans ce monde d’atrocités, où l’insupportable tutoie l’intolérable, où la honte infligée à cette chair meurtrie ne trouve plus son sens que dans la folie… si toutefois qu’elle puisse trouver un sens … La répétition méthodique de ces corps décharnés balancés dans une fosse dénote le côté diabolique de cette machine qui ne s’est jamais arrêtée d’exterminer. Cette image du corps qui bascule et roule saisit au plus profond de lui l’artiste. De cet enfer, le dénombrement est devenu bâtons, séries interminables et probabilité réduite d’un possible lendemain… où la seule certitude était le mot hier. Même l’ombre a quitté et fuit ce corps traîné sans vie. Le témoignage est à jamais cinglant sur l’humiliation subie. La plume de l’artiste résiste et fusionne avec ces plans de film, quelques centaines de mots dévoilés envahissent l’image et s’accumulent dans des phrases entières, longues comme un calvaire qui ne connaîtra jamais de fin… La marque est là, à jamais.

Hans Muller - 15.10.09
cela n’engage bien évidemment que lui

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