
Juillet 2009 (Réflexion)
Huile sur panneaux de bois découpés
73 cm x 70 cm
Un peintre n’existe pas dans le vide : il contribue à l’esprit de son temps et il le reflète. C’est évident actuellement dans l’art abstrait, où son intérêt se porte sur l’universel et sur la libération des restrictions locales. L’art abstrait ne tombe pas du ciel et sa vitalité dépend de l’expérience personnelle que le peintre a de la vie ; il doit se développer à partir de quelque chose, et c’est à partir de cela. Si vous observez les premières oeuvres d’un peintre abstrait et suivez son développement jusqu’à sa maturité, vous verrez les stades qu’il a parcourus graduellement (commençant généralement par une forme d’art figuratif) pour arriver à l’abstration complète, et vous commencerez à comprendre un peu ce langage qui, au premier abord, doit paraître étrange - particulièrement à cause de la conception fausse qu’à le public de ce qu’un tableau devrait être. Il faut nous débarrasser de l’idée dégénérée selon laquelle ‘un tableau’ est quelque chose qu’on peint sur une toile carrée tendue, qu’on encadre et qu’on envoie à une exposition. C’est justement ce qu’un tableau n’est pas. Le désir de traduire une idée en peinture n’a aucun rapport avec les expositions et les ventes, mais provient d’une source intérieure irrésistible ; que cela permette ou non à un artiste de gagner sa vie est un tout autre problème.
Extrait de More or Less about Abstract Art (Plus ou moins au sujet de l’Art abstrait)
The London Magazine, vol 1, 4e partie, juillet 1961
Ben Nicholson