“Instantanés” - C.Guillemin

Voir les images de l’exposition : ICI
Exposition à la Cartonnerie - Reims
organisée en collaboration avec l’Association la Salle d’Attente
Jusqu’au 7 mars…
L’intimité intimide… elle nous suggère surtout plus de curiosité. Le spectateur se pose cette question presque interdite, tellement il est habituellement incité à bien plus de réserve : « Puis-je effleurer du regard cette intimité dévoilée par l’artiste ? ». Ces nuits sont longues et n’en finissent plus, minute après minute, l’heure palindromique digitalisée agressive affiche sa rougeur sourde… et donne le tempo. Elle semble pourtant temporairement se figer pendant un instant… l’espace d’un froissement secret… du pli d’un drap blanc. L’ensemble dialogue silencieusement à merveille sans contraste profond dans ce lieu de la Nuit qu’est la Cartonnerie.
Parfois, quelques mots écrits viennent troubler la quiétude de cette unité plus que cohérente… équilibrée, bien en place, où la lumière volontairement rougie vient habilement tamiser une routine qui aurait pu, d’ordinaire, s’installer.
Ces diptyques rappellent presque inconsciemment une scène du film de Cyril COLLARD, « Les nuits fauves », toutes ces lueurs profondes accentuées par l’obscurité intriguent et questionnent même l’artiste sur sa propre vie. Mais la notion temporelle ne laisse guère l’occasion au spectateur le plaisir de s’exiler… mais l’invite de préférence à désirer érotiquement (l’image) plutôt que d’y penser prudemment … Le sommeil pressenti comme impossible et le réveil inévitablement difficile se confondent un court instant dans le reflet de quelques cadres !
A plusieurs reprises, la notion de mouvements et de gestes est prédominante… on aimerait connaître la suite, mais quelque part, l’artiste laisse habilement l’opportunité à son spectateur de s’approprier une partie de son travail en lui laissant le soin de mettre un terme à cette belle relation. Cette grande ligne interminable, c’est la ligne du temps, du temps en fuite, du souvenir et de l’instant précis…marquant, figé pour toujours quoi qu’il arrive. On ne devient pas…on est déjà…
Hans Muller
Reims – 12/02/2009

Cet article a été posté le 12.2.2009 à et est classé sous Expositions. Vous pouvez consulter toutes les réponses à cet article via le flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou effectuer un trackback à partir de votre propre site.