
L’Italienne - Photographie Noir et blanc
Hans Muller - 2006
La chaussure italienne est noble. Une esthétique parfaite, une ligne dotée d’une finesse digne des plus grands manequins et l’aérodynamise parfait des bolides de courses. Apprenez à écouter le son de ce pas chaussé qui pénètre la légèreté de l’air.
Elle a du charme, pour une fois, j’ai enfin envie de dire que je prends mon pied à la regarder.
Ses coutures discrètes, ses fins lacets et la belle couleur de son cuir qui reflète le temps d’un instant la lumière me laisse à penser qu’elle mériterait mieux que de me supporter.
Sa semelle cambrée se marie discrètement avec l’ensemble du soulier que l’on devine.
Que cette Diva m’a rendu bien des services, classique ou habillé, elle n’a jamais joué les difficiles, elle s’est toujours bien mariée avec ce que j’ai pu lui proposer.
Mais il faut dire qu’elle sait s’y prendre et surtout parler aux hommes, et puis, elle a du caractère l’italienne… et le sang chaud. Elle aurait sans doute souhaiter que je la joue Mafioso, pourtant c’est que pensent les gens d’elle… une simple paire de godasses de mafieux destinée à semer finalement le doute sur l’apparence de son propriétaire.
Bien des kilomètres dans ce monde elle aura parcouru, braver les routes bitumées de différents pays et surtout permis à mes pieds d’être protégés confortablement, là est l’essentiel.
Les quelques cicatrices apparentes, déjà dans l’oubli, ne feront qu’ajouter quelques notes de poésie à cette aventure.
Un jour pas fait comme un autre, je l’ai vue, là, belle comme une Lolita accompagnée de son plus fidèle ami le jean’s, immobile dans son silence, j’ai pris mon appareil, j’ai photographié spontanément, sans déranger la quiétude de cette scène… j’ai compris bien plus tard en regardant cette image qu’elle me suppliait, qu’elle m’attendait… Finalement, contraint de me résigner, je lui devais bien ce cliché de star !
Pourtant, je n’ai jamais mis un pied en Italie.