“LES MESSAGERS” - Centre Pompidou - 2007
Figure majeure de la scène internationale contemporaine, Annette Messager a représenté la France à la Biennale de Venise de 2005, où elle a obtenu le Lion d’Or. Elle investit les espaces du Centre Pompidou de son étonnant répertoire de formes et de matériaux (peluches, animaux naturalisés, tissu, laine, photographies, dessins…), mêlant les registres, jouant de nos sensations et de nos sentiments avec une remarquable virtuosité.
L’exposition : Le parcours non chronologique, présente un panorama de l’oeuvre depuis les travaux intimistes du tout début des années 1970 jusqu’aux très grandes installations des années 1990 et 2000, qui intègrent progressivement le mouvement. Le dialogue se crée par affinités et tensions, dans une chorégraphie où se mêlent ludique et tragique.
L’univers d’Annette Messager, qui emprunte à l’imagerie populaire, à l’art brut comme à l’art savant, repose sur une dualité subtile, suscitant chez le visiteur des sensations contradictoires, entre attraction et répulsion.
Effectivement, il règne dans les différentes pièces de l’exposition une atmosphère étrange, j’ai eu vraiment du mal à identifier le plaisir et/ou le dégoût sur l’ensemble des oeuvres proposées.
L’oeuvre qui a retenu mon attention

Mes voeux
1989
Installation murale en ovale de photographies noir et blanc
263 épreuves gélatino-argentiques encadrées sous verre maintenu par un papier adhésif noir et suspendues au mur par de longues ficelles
Hauteur : 320 cm, diamètre : 160 cm
1 épreuve 24 x 17cm
50 épreuves 20 x 14cm
57 épreuves 15 x 11cm
50 épreuves 13 x 9cm
105 épreuves 8 x 6cmConstituée de photographies, petits formats en noir et blanc, suspendues à des ficelles représentant différents fragments de corps (oreilles, bouches, yeux, pieds) cette série interroge le visiteur sur son propre rapport au corps.Accumulation de parties du corps photographiées, représentant des lieux corporels très charnels sensuels et sexuels. Leur installation dans ce sentiment d’empilement et de proximité emplifie ce côté érotique.
Interview d’Annette Messager par Bernard MARCADE :
B.M: “Plus qu’une oeuvre qui joue avec les imageries de la psychanalyse, il faudrait peut être aujourd’hui parler de votre art comme d’une sorte de géographie du corps , d’une géographie amoureuse.”
A.M: “On dit un film d’amour, on dit un roman d’amour , on devrait dire un peinture d’amour.”
Je dessine dans les lignes de ton pieds
je peint dans les lignes de ta bouche
Je fais des aquarelles dans ta main
Je couds des images dans ton oreilles
je dessine un carte de géographie dans ton nombril
C’est la seconde fois que je croise cette oeuvre déjà apercue lors de l’Exposition “Big Bang” au Centre G. Pompidou.